Un père découvre la mort de son fils cinq mois après et reçoit une facture de 3 800 euros
Le drame des sans-abri ne s’arrête pas à leur décès. Certaines familles doivent affronter l’effroyable réalité de découvrir la mort d’un proche avec plusieurs mois de retard, puis de recevoir une facture salée pour la conservation du corps. Une situation aussi choquante qu’elle est révélatrice des failles du système.
Une annonce terrible avec cinq mois de retard
Laurent Simons, résident de Saint-Maurice-Colombier dans le Doubs, a vécu un cauchemar administratif et humain. En septembre 2025, il apprend le décès de son fils Ange, survenu en avril de la même année.
Entre le moment du drame et l’annonce faite au père, cinq longs mois se sont écoulés. Ange Simons, âgé de 39 ans, vivait sans domicile fixe et est mort dans l’anonymat le plus total.
Une facture de plusieurs milliers d’euros pour la conservation
Comme si la douleur de la perte ne suffisait pas, Laurent Simons a reçu une facture de 3 800 euros du CHU de Bordeaux. Ce montant correspond aux frais de conservation du corps de son fils depuis avril.
Pendant ces mois d’attente, la dépouille d’Ange a été maintenue dans les installations hospitalières, générant des coûts que l’établissement a répercutés sur la famille.
Un père impuissant face au système
Laurent Simons affirme qu’il serait intervenu bien plus rapidement s’il avait été prévenu dans des délais raisonnables. L’absence de notification rapide l’a privé de la possibilité d’organiser les funérailles de son fils dans des conditions dignes.
Le CHU se défausse sur d’autres autorités
Interrogé sur cette affaire, le CHU de Bordeaux a répondu qu’il n’avait pas pour mission de retrouver les familles des personnes décédées. Selon l’établissement, cette responsabilité incombe à d’autres autorités compétentes.
Cette réponse administrative soulève néanmoins des questions sur la coordination entre les différents services concernés et sur les procédures en place pour informer les proches.
Un phénomène récurrent selon les associations
Le collectif Les Morts de la Rue alerte sur le fait que cette situation dramatique n’est pas isolée. De nombreuses familles de sans-abri découvrent le décès de leur proche plusieurs semaines ou mois après les faits.
Un bilan tragique en 2025
Les chiffres sont accablants : en 2025, 956 personnes sans domicile fixe sont décédées dans la rue. Derrière chaque statistique se cache un être humain et potentiellement une famille laissée dans l’ignorance.
Cette réalité met en lumière les difficultés de traçabilité et de communication lorsqu’une personne en situation de grande précarité décède, ainsi que le manque de protocoles adaptés pour prévenir rapidement les proches.

